A propos de nous

Juif marocain de naissance, juif français de culture et juif universel par mon éducation thoraïque, j’ai souhaité créer une page de blog qui propose au monde francophone un regard, mon regard, le plus sincère possible, sur les textes de notre riche et exigente tradition.

Avant d’arriver à Strasbourg en 1981, mon BAC dans la poche, j’avais déjà acquis quelques bases de grammaire hébraïque, de Halakha, de Michna et aussi de Guémara. Cette chose fut permise par les efforts répétés de Rabbi Aharon Monsonégo, fils de Rabbi Yédiyah Monsonégo, Président du Beth-Din de Fès. J’en profite pour lui en rendre un grand hommage à ce grand homme du judaïsme marocain. Ce chevalier servant a réussit à se battre contre un monstre pernicieux qui se faisait appeler l’Alliance qui, sous des intentions louables à vouloir éclairer et civiliser le monde juif nord-africain, faillit faire oublier leur identité aux juifs d’Afrique du Nord. Et cette institutions a malheureusement réussi en grande partie sa mission.

Ma culture thoraïque de cette époque n’avait rien à voir avec le monde de Thora que je découvris alors à mon arrivée à la « La Yéchivah des Etudiants » fondé par notre maître, Rav Eliahou Abitbol (qu’Hashem lui prête longue vie et bonne santé). Le judaïsme français contemporain aurait un tout autre visage sans lui. Ses élèves ont essaimé dans la ville et ailleurs, en créant des lieux d’étude, des écoles, des Collelim… Il a redonné de nouvelles couleurs juives à la ville de Strasbourg. Louange à Haqadosh Baroukh Hou de l’avoir placé « en travers » de mon chemin.

Pour la petite histoire, Rav Eliahou Abitbol fut lui-même engagé dans une Yechivah en Israël, par la force de conviction et la clairvoyance de Rabbi Aharon Monsonégo. Lors d’une colonie de vacances à Imouzer, un malheur arriva. Un des enfants de la colonie fut piqué par un scorpion venimeux. Tous ses amis furent troublés par son décès et ne savaient comment réagir en de telles circonstances. Qui est préparé à cela…
Rabbi Aharon Monsonégo eut la force et la présence d’esprit de réunir les enfants pour proposer à deux d’entre eux d’aller un an dans une grande Yéchivah en Israël en mémoire de leur malheureux copain. Parmi ces deux jeunes courageux, il y eu Rav Eliahou Abitbol.

Évidemment, ayant prit goût à l’univers du Limmoud, cette année dura plus longtemps que prévu. Cette histoire nous fut raconté à la Yech’ par Rav Eliahou lui-même et j’en eu plus de détails de la part de Rabbi Aharon Monsonégo lui-même. Je pourrais en dire plus long sur Rav Eliahou Abitbol, mais il trouve que toute éloge a un arrière goût funèbre. Tant qu’on est vivant on a encore la chance d’évoluer, de grandir ou pas… C’est un homme épris d’une désaliénation absolue comme il n’en existe peu de nos jours. Alors par respect pour sa vision, je me retiendrai d’écrire toutes les longues pages de louanges qu’il mérite.

Cet homme a su dépoussiérer la vieille culture thoraïque qui commençait à s’essouffler en France. Il a su trouver l’angle juste pour parler aux jeunes d’après Mai 68. Et j’ai le sentiment qu’aujourd’hui aussi, 30 ans après, ce même phénomène se reproduit, sous une forme différente bien sûr.

L’étude de la Thora et son application au quotidien exigent un  combat et une conquête permanente tant sur un plan individuel que collectif. Les maîtres, ceux qui brûlent du désir de transmettre, doivent trouver une nouvelle langue, un nouveau langage pour parler aux nouvelles générations de juifs qui rencontre des problèmes inhérents à leur époque. Tous les problèmes liés à Internet, aux smartphones, aux réseaux sociaux, aux divorces, à l’image d’Israël dans un monde où la pensée unique se développe dangereusement, à l’intégrisme de tout bord, aux crises financières… ébranlent notre jeunesse qui ne possède pas toujours les bonnes armes au bon moment pour y répondre.

Quel place doit occuper le juif dans le monde d’aujourd’hui et quel rôle constructif peut-il encore y jouer ?

Il est du devoir de chacun de se poser les bonnes questions pour ne pas perdre son identité dans un monde où les amalgames se font trop nombreux et où l’assimilation galopante a fait plus de mal à notre peuple que toutes les guerres réunies. Chaque juif est un membre précieux d’un grand corps qui le transcende et qu’on s’appelle l’Assemblée d’Israël, Knesset Israël, partenaire privilégié de Hashem sur terre, épouse fidèle dans le meilleur des mondes.

Je souhaite et prie, à mon simple niveau, pour faire avancer le microcosme dans lequel j’évolue dans ce sens. Et lorsque j’y arriverai pour moi-même, je considérerai cela comme une très grande victoire.

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